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MiariMettre un Ange en captivité, c'est comme emprisonner le temps, la vie et l'amour dans une boite en carton: c'est impossible.

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Par Miari :: 01/07/2008 à 17:56 :: Litteraturophilie
Voila le sommaire de mon blog, pour que vous vous y retrouviez plus facilement, et pour que les nouveaux venus puissent comprendre.
Vous trouverez ci-dessous la liste des épisodes de Sang-Dragon actuellement sur le blog. Il vous suffira de cliquer sur le titre de l'épisode que vous voulez voir pour y accéder. (Comme ça je fais tout le travail a votre place et vous n'avez plus qu'a cliquer, facile, hein?)


Sang-Dragon #1 - Commencement
Sang-Dragon #2 - Voyage
Sang-Dragon #3 - Fuite
Sang-Dragon #4 - Souvenirs - Partie 1
Sang-Dragon #4 - Souvenirs - Partie 2
Sang-Dragon #5 - Bienvenue - Partie 1
Sang-Dragon #5 - Bienvenue - Partie 2
Sang-Dragon #6 - Séjour - Partie 1
Sang-Dragon #6 - Séjour - Partie 2
Sang-Dragon #7 - Nouvelles NEW =D

Voila pour vous.
Bien entendu, ce sommaire sera remis a jour chaque fois que je posterai un nouvel épisode.
Enjoy! =D

Sang-Dragon #1 - commencement

Par Miari :: 13/07/2009 à 19:26 :: Litteraturophilie
Bon bah voila. Ça y est, je me lance. Je vais enfin poster le premier épisode inédit d'une longue nouvelle.
Le principe est simple. Vous voyez le titre du post: Sang-Dragon #1 - commencement. Le premier nom est le titre de la nouvelle. Le numéro précédé d'un # est le numéro de la partie et le second nom est le titre de la partie.
"ceci" veut dire que le personnage parle. (vous voyez, c'est très dur)
*ceci* veut dire que le personnage pense.
~ceci~ veut dire que le personnage parle dans une langue étrangère et/ou magique.

hop je commence.


Shiver était sur le rempart au dessus de la porte nord de la Cité-État d’Arcandia. Elle et Pers, l’archer, scrutaient l’horizon. De l’autre coté de la ville, la bataille faisait rage contre l’armée de la cité ennemie, Antia. L’inactivité commençait à peser à la jeune femme, alors que l’horizon restait vide. Le vent charriait le fracas de la bataille et les cris des blessés, faisant voler les très longs cheveux blancs de Shiver. La jeune femme du cligner plusieurs fois des paupières pour chasser une poussière emportée par le vent qui s’était logée dans ses yeux dorés aux pupilles reptiliennes. A ses cotés, l’archer se mit à hurler.
« Ils arrivent ! L’armée Ante arrive ! » Les huit autres soldats, au sol, se mirent en formation, tandis que Shiver dévalait quatre a quatre les escaliers du chemin de ronde. Le commandant s’adressa au guetteur. « Ils sont combien ? » L’archer scruta la ligne qui avançait au loin. « Une centaine, vu d’ici ! » Les soldats se regardèrent, peu rassurés. « Il nous faut des renforts ! Nous n’avons plus le temps d’envoyer quelqu’un. Pers, envoie le pigeon ! » Le guetteur ouvrit la cage qui renfermait l’oiseau messager et le fit s’envoler. L’oiseau prit la direction de son pigeonnier, mais ne l’atteint jamais. Une flèche ennemie le transperça, et il s’écrasa au sol. Les soldats échangèrent un dernier regard, incertains de se revoir. Ils ne purent échanger une parole, les Ants étaient déjà sur eux.

Shiver se battait sans relâche. Cela faisait plus d’une heure que son unité s’acharnait à défendre la porte nord. Armée de son sabre, la jeune femme faisait des ravages parmi les assaillants. *pas sur le coté, parade, attaque, esquive* les seules pensées que Shiver se permettait étaient a propos de ses camarades. Entre deux adversaires, elle aperçut son commandant qui, lui aussi, avait un tableau de chasse impressionnant.
« Tengor est en difficulté, lui cria-t-il. Va l’aider ! » La jeune femme acquiesça. Lentement, mais sûrement, elle se fraya un chemin vers la jeune recrue, laissant derrière elle un chemin de morts. Le jeune garçon, a peine sorti de l’adolescence, se trouvait dans une impasse. Séparé des autres, il était entouré d’ennemis et avait bien du mal à se défendre. Shiver décapita un guerrier qui allait blesser Tengor.
« Tu vas bien ? » Demanda-t-elle tout en esquivant l’attaque d’un soldat d’Antia. « Oui, ça va. » Le jeune garçon blessa l’un des attaquants. Rapide comme le vent, Shiver acheva l’homme encore a terre. « Ne les laisse pas se relever ! » Petit à petit, les deux soldats se rapprochèrent de leurs camarades. La jeune femme laissa Tengor avec le groupe et repartit, cherchant à éliminer les archers.
Chaque coup de sabre de Shiver était une blessure mortelle, mais alors qu’elle éventrait l’un de ses adversaires, il tomba sur elle, et elle du prendre plus de temps que prévu pour se dégager. Un soldat Ant qui était derrière elle la chargea avec un rictus. Alors qu’elle lâchait son sabre pour utiliser sa dague, une flèche transperça le crâne de l’assaillant. Shiver le vit ouvrir de grands yeux tandis que la pointe de la flèche traversait son front. Il s’écroula, raide mort, et la jeune femme aperçut derrière lui Pers, l’arc bandé, toujours sur le rempart. Elle lui sourit chaleureusement. Regardant autour d’elle, elle prit le temps d’ôter une mèche poisseuse de sang et de sueur de ses cheveux qui lui tombait dans les yeux. Avisant son commandant en difficulté, elle se mit en devoir de le rejoindre.
Engagé dans un passe d’armes avec le chef ennemi, il ne pouvait se défendre alors qu’un soldat l’attaquait, prêt à lui abattre sa masse d’armes sur le crâne. Shiver, sachant qu’elle n’arriverait pas a temps pour sauver son commandant, tendit la main et cria : ~Ghetyr !~ Un rayon lumineux partit de sa main et toucha la tête de l’assaillant et il s’effondra, pris de convulsion. Il mourut peu après, la bave aux lèvres. Le commandant utilisa cette diversion pour repousser son adversaire et l’achever. Leur chef mort, le reste du détachement Ant continua à se battre pendant quelques minutes puis, voyant leur nombre décroître sensiblement, les soldats rompirent l’assaut et battirent en retraite.
Après un moment de repos à soigner les blessures les plus superficielles, le groupe rentra au château, relevé par une autre unité. Sur les dix membres du groupe, huit étaient encore en vie, et seulement trois étaient indemnes. Ils s’installèrent dans une des salles prévues à cet effet près des portes, pour se reposer et se restaurer, tout en restant accessibles si une urgence se déclarait. Shiver se lava la figure et les mains avant d’aller avec le reste de son unité porter leurs morts sur les bûchers, et leur faire un dernier adieu. Le commandant alla faire son rapport auprès des généraux.
Quand il revint il annonça, à la surprise générale : « Vous pouvez vous laver et vous changer. Arcandia a gagné la bataille de la porte sud, et notre victoire, même petite, y a contribué. Nous sommes exemptés de garde cette nuit. » Les survivants de l’équipe sourirent, réjouis. Shiver profita de cette pause inespérée pour prendre une douche complète. Elle sentit avec délice l’eau brûlante ôter le sang qui lui collait à la peau. Ses cheveux, collés par la transpiration, le sang et la poussière redevinrent lisses et brillants. Une fois propre, elle se sécha et passa un uniforme propre. Comme chaque fois, elle boucla sa ceinture et y accrocha son épée et ses dagues. Son arc et ses flèches ne la quittaient pas. Après avoir nettoyé sa cuirasse, elle dégusta lentement un bol de ragoût, laissant la nourriture la réchauffer. Très vite, elle alla se coucher, car elle était épuisée. Allongée sur une paillasse de fortune, encore habillée pour en cas d’urgence, la jeune femme aux yeux d’or sombra rapidement dans un sommeil sans rêves.
Elle se réveilla avant l’aube, assez reposée pour continuer à combattre. Elle enfila se cuirasse de cuir, grimaçant un peu car elle était encore couverte de sang. Ses affaires préparées, elle finissait de lasser ses jambières lorsque son commandant, qui avait été mandé auprès du roi, vint la chercher.
« Le roi veut te voir. » Annonça-t-il. La jeune femme ouvrit de grands yeux. « Moi ? Pourquoi ? » L’officier soupira, et haussa les épaules. « Je n’en sais rien. » Il n’avait jamais été très bavard, mais son inquiétude le rendait encore plus taciturne. Shiver chemina donc à travers la ville pour se rendre à la salle du trône. Lorsqu’elle fut introduite, le souverain était près de la fenêtre, les mains dans le dos, regardant arriver l’aube. Elle se mit immédiatement au garde-à-vous. Se tournant vers elle, il la considéra un instant, avant de prendre la parole. « On m’a dit grand bien de vous, Shiver. » La jeune femme fronça très légèrement les sourcils. « J’en suis honorée, Majesté. » Le monarque continua. « Nous sommes en guerre, et malgré les victoires comme celle d‘hier soir, les combats se rapprochent de plus en plus de la ville. Aujourd’hui, je conduirai personnellement la charge. » Shiver le regarda, un peu perplexe. « Mais, Majesté, s’il vous arrivait quelque chose, nou- » Le souverain l’arrêta de la main. « S’il venait à m’arriver quelque chose, alors mon fils prendrait ma suite. Mais il est trop jeune, pas assez expérimenté encore, et lui et sa mère sont menacés. Vous savez que la garde d’élite a démasqué un assassin, hier au soir. » La jeune femme acquiesça. Cette rumeur faisait beaucoup de bruit parmi les soldats. « Heureusement, ma femme est retournée dans sa famille, comme chaque hiver. Je vous aie fait venir, car je veux que vous escortiez mon fils à Scandrie, qui est notre plus proche allié, et aussi la patrie de ma femme. Là-bas, il sera en sécurité jusqu’à ce que le calme revienne. Et de cette façon, si Arcandia venait à tomber, il pourrait, en agissant de l’extérieur, forcer l’ennemi à battre en retraite, et reconstruire la ville. » Shiver se dit qu’elle ne serait pas là pour aider ses amis, a la prochaine bataille. Elle baissa la tête. « Bien majesté. » Après un moment de réflexion, elle demanda. « Faut-il que je prévienne mes camarades de se préparer ? » Le souverain secoua la tête. « Ce ne sera pas nécessaire. Vous savez comme moi qu’un petit groupe a plus de chances de réussite qu’un grand. » La jeune femme hocha silencieusement la tête, s’attendant a cette réponse. « Quand devons-nous partir ? - Quand le soleil sera à son zénith. Nous lancerons la charge à ce moment là, pour détourner l’attention de l’armée Ante. Allez. » Le roi lui signifiait ainsi que leur entretien était terminé. La jeune femme salua et se dirigea vers la porte. Avant de sortir, elle se retourna. « Si je peux me permettre, Majesté… Pourquoi m’avoir choisie ? »
Le roi la regarda, un pâle sourire étirant ses lèvres minces, première marque d’humanité que Shiver voyait apparaître sur son visage. « J’ai entendu parler de l’exploit que vous et votre unité avez accompli hier. J’ai fait venir votre commandant pour le féliciter. En même temps, comme je ne peux me séparer de la garde d’élite, je lui ai demandé l’un de ses soldats. C’est vous qu’il a jugé la plus compétente pour remplir cette mission. » La jeune femme répondit : « Bien. J’essaierai de me montrer digne de sa confiance et de la votre. »
Elle sortit préparer ses affaires. Elles consistaient en très peu de choses, les soldats étant habitués à voyager juste avec l’indispensable. Son paquetage terminé, Shiver alla voir l’intendant en chef pour prendre les provisions nécessaires à leur périple vers Scandrie. Elle sépara cette nourriture en deux parties, l’un qu’elle incorpora a ses affaires, l’autre pour le prince. La journée avançait rapidement. Aux écuries, elle demanda un cheval aux palefreniers, l’harnacha et le chargea de son paquetage. Alors qu’elle allait voir si le prince était prêt, elle entendit des cris en provenance des stalles du fond de l’écurie. Pensant d’abord qu’il s’agissait d’une attaque surprise, la jeune femme comprit rapidement qu’il n’en était rien.

Le prince était d’une humeur massacrante. Il avait été réveillé avant l’aube, apprenant seulement à ce moment qu’il devait se préparer à quitter la ville. Il se souvint des paroles de son père : « Tu dois aller à Scandrie. C’est la seule façon d’assurer ta sécurité. » Il grimaça. Aucune protestations n’avait peu faire fléchir le roi. Ses ordres étaient sans appel.
*Faut-il donc que l’héritier du trône fuie Arcandia au plus fort du péril ? Me croient-ils tous faible et incapable ?*  En se dirigeant vers les écuries, le jeune homme ruminait ces sombres pensées. Il y croisa une femme soldat qui chargeait une bête pour un long voyage. Il n’y fit pas plus attention, mais elle fit naître en lui une pensée qui le fit sourire.*Ce serait amusant si Père avait choisi une femme pour m’escorter…*
Entrant dans l’écurie, il empoigna le bras de la première personne venue. « Holà, manant, amène moi tout de suite une monture ! Et de qualité ! » Le soldat qu’il avait attrapé le regarda avec un respect mêlé de crainte. « Excusez moi, messire, mais mon sergent m’attends. Si je n’y vais pas, je risque de recevoir une corvée, car mes supérieurs sont très pointilleux sur l’horaire… » Le prince, habitué a être obéi en tout, s’indigna. Son humeur s’aggrava encore et il se mit à crier. « Je suis le prince Gedwyn d’Arcandia ! Si tu ne m’obéis pas, ce n’est pas une corvée que tu vas recevoir, c’est ta place que tu vas perdre ! J’en parlerais à mon père, et il te sanctionnera pour ne pas m’avoir respecté comme il convient ! » Le pauvre soldat ne savait plus quoi répondre mais il fut sauvé par l’arrivée d’une jeune femme. « C’est vous, prince Gedwyn, qui faites tant de raffut ? » Le jeune homme, très échauffé, s’apprêtait a crier a l’outrage mais, quand il tourna la tête, il ne pu qu’ouvrir la bouche sans voix. Elle continua. « Je suis Shiver, votre escorte. » Tout ce que pu dire Gedwyn fut : « C’est vraiment vous… » Sans savoir qu’il avait parlé a voix haute.
*Cette femme est le guerrier qui va m’escorter jusqu'à Scandrie ? Une femme ? Et puis… Elle est trop belle pour être bien dangereuse… Je n’y crois pas, elle me parle avec tant de familiarité ! On dirait qu’elle ne sait pas qui je suis !*  Toutes ces pensées traversèrent simultanément l’esprit du prince. La dernière lui parut la plus importante, et il se remit à parler. « Je suis le prince Gedwyn, - » Il semblait vouloir répéter sa tirade. « Je sais » Dit calmement Shiver sans le laisser aller plus loin. « Comment ? Parlez moi avec respect, je suis le… » Il s’interrompit, réalisant qu’il se répétait. Il se reprit bien vite. « Une femme ne peut pas être soldat. Je vais en parler à mon père pour qu’à l’avenir, il empêche ces absurdités. De plus, j’ai besoin d’un véritable guerrier pour m’escorter, pas d’une simple femme, faible et - » La gifle que lui assena Shiver le réduisit au silence. Il ouvrait la bouche pour protester quand il rencontra le regard de la jeune femme. La pupille était réduite à un simple trait noir, et l’or de l’iris s’était assombri pour devenir marron sombre. Le visage entier de la guerrière n’était qu’un masque de fureur difficilement contenue. Lorsqu’elle parla, sa voix tremblait dans un effort pour en assurer un volume sonore a peu près normal.
« Vous allez vous arrêter tout de suite, prince Gedwyn. Parce que si vous continuez, je ne réponds plus de mes actes. Et je vous prie d’oublier ces discours sur la faiblesse des femmes lorsque je serai présente. Sinon, il risque de se produire certains accidents indésirables. » Pour la première fois de sa vie, Gedwyn eut vraiment peur de quelqu’un. Jamais son père ou son maître d’armes n’avaient paru aussi près de le tuer que cette femme qu’il ne connaissait que depuis quelques minutes. Elle sembla reprendre contenance et sortit une bête de sa stalle. « Votre monture, mon prince… » Le pauvre soldat, infortuné témoin de cette scène, qui avait failli tourner au désastre, s’enfuit sans demander son reste. Lorsqu’il fut parti, le prince explosa. « Comment osez vous me menacer ? J’en parlerai à mon père. Vous êtes passible de prison pour avoir porté la main sur moi ! Jamais je ne partirai avec vous ! » Shiver le regarda calmement. « Pour ce qui est de la gifle, j’en suis vraiment navrée. J’ai perdu mon sang froid et cela n’arrivera plus à l’avenir. Mais vous n’avez pas le choix, prince. Votre père m’a choisie, que cela vous plaise ou non. Rassurez vous, voyager avec une personne orgueilleuse et égoïste, fut-elle un prince, ne m’enchante pas non plus. » Cette remarque toucha le cœur du prince, bien plus que les menaces.
« Je sais, dit-il doucement. Je veux essayer de m’améliorer, avec votre aide. » La guerrière haussa un sourcil, surprise, puis son expression s’adoucit. « Je ferai mon possible, mon prince. » Gedwyn ne pu s’empêcher de penser que son sourire l’embellissait encore. En lui même, il sourit. Après un moment de silence, Shiver se tourna vers le prince. « Il est temps d’y aller. Le soleil va bientôt atteindre son zénith. »
Les deux voyageurs sortirent des écuries. Près d’une porte mineure attendait le roi Théador. « Allez. Vous êtes l’espoir d’Arcandia. Puissiez vous arriver sains et saufs à Scandrie. Toi, mon fils, je ne t’ai peut être pas assez connu, mais je sais que tu as les capacités pour devenir un excellent souverain. Il ne te reste plus qu’à les trouver. Vous, Shiver, vous êtes la gardienne de l’avenir de la cité. Soyez forte. En vous sommeille un pouvoir bien plus puissant que vous ne l’imaginez. Que les vents favorisent votre voyage, et que votre feu soit vif. » Le prince et la jeune femme inclinèrent la tête. Puis Gedwyn termina les salutations d’usage. « Que votre terre soit prospère, et que votre eau reste claire. » La porte s’ouvrit. Un guetteur agita un drapeau coloré au dessus de sa tête. Dans le lointain, on entendit le roulement de la charge qui faisait diversion. La voie était libre et les deux jeunes gens sortirent de la cité. Leur voyage venait de commencer.


Je pense que les prochains vont être un peu moins longs, mais je ne sais pas. Sinon, vous avez aimé? Dites le moi en postant des commentaires ^^ Je pars en vacances vendredi, je reviens le dimanche suivant. J'essaierai d'avancer dans l'histoire d'ici là, pour poster en revenant =) SURTOUT, si vous voyez des fautes ou des trucs gravissimes dans le genre, n'hésitez pas a me le signaler! La lecture est toujours plus agréable quand c'est bien écrit.

Sang-Dragon #2 - Voyage

Par Miari :: 31/07/2009 à 18:38 :: Litteraturophilie
Voila, les amis, après environ deux semaines d'attente insupportable, visible au nombre démentiel de commentaires reçus, voila le deuxième épisode du roman qui va exploser le box-office (ah merde, c'est pour les films ça) enfin, bref, de Sang-Dragon.

Remeber: "this" means that the characters are speaking
*this* means that the characters are thinking
and ~this~ means that the characters are speaking in foreigner or magical languages.
Oui, c'est en anglais. Si vous comprenez pas, prenez un dictionnaire ou allez sur
http://trans.voila.fr/traduction_voila.php

Allez zhou.


Les deux voyageurs chevauchèrent en silence. Shiver était encore troublée par les dernières paroles du souverain. « Vous, Shiver, vous êtes la gardienne de l’avenir de la cité. Soyez forte. En vous sommeille un pouvoir bien plus puissant que vous ne l’imaginez. » Cette phrase semblait n’avoir aucun sens. *Quel pouvoir peut bien sommeiller en moi ? La magie que j’utilise n’est pas si spéciale. Grand-père disait que tout le monde possède ce pouvoir. Je ne vois pas… Je n’arrive pas a trouver la solution de cette énigme.* Elle secoua la tête, tentant de chasser ces pensées de son esprit. Du coin de l’œil, elle aperçut Gedwyn qui la regardait d’un air étrange. Mais lorsqu’il remarqua qu’elle était de retour sur terre, il détourna le regard. Shiver fronça un moment les sourcils, puis décida que cela ne la regardait pas. Elle reporta son attention sur le chemin. Ils avaient bientôt dépassé les dernières troupes ennemies.

Gedwyn, dès qu’ils eurent franchi la porte de la cité, oublia ses bonnes résolutions. Il se sentait libéré des regards des adultes qui le considéraient encore comme un petit garçon qu’il faut protéger a tout prix. Cependant, Shiver était toujours là, elle qui avait osé le gifler ! A cette pensée, le prince se sentit bouillir de rage. Il prit un peu de temps pour se calmer, désirant toujours faire croire a la jeune femme qu’il était repentant. Une fois son impassibilité retrouvée, il jeta un regard en direction de la guerrière.
*Est-elle vraiment aussi forte que Père l’a dit ? Non. C’est une femme. Elle ne peut pas tuer. Il est bien connu que les femmes on l’esprit faible. Surtout si elles sont belles. Et les Dieux savent que cette Shiver est magnifique.* Le jeune homme eut un sourire. *C’est ma chance. Si je parviens a Scandrie en pouvant prouver qu’elle ne m’a été d’aucune aide, Père comprendra que je suis assez fort pour ne plus être écarté des combats. Et elle verra qu’une femme n’a pas à porter l’épée !*
Il était plongé dans ses pensées, le regard toujours rivé à Shiver. Ce n’est que quand il rencontra ses yeux si étranges qu’il détourna le regard. Les pupilles fendues de la jeune femme le mettaient mal à l’aise. Elles lui donnaient l’air perpétuellement froid et distant, comme si elles étaient une sorte d’armure que la guerrière dressait pour se protéger du monde extérieur. Elles ne laissaient pas transparaître ses émotions ni ses pensées. Gedwyn se sentit honteux d’avoir eu peur d’une femme. Un plan germa doucement dans sa tête pour la discréditer auprès des dirigeant de Scandrie et d’Arcandia.

Lorsque Gedwyn partit au galop, Shiver jura a voix basse tout en essayant de rattraper l’inconscient. *Que fait-il, cet idiot ? Nous sommes presque sortis des lignes ennemies, et il va tout gâcher !* Tout en coursant le prince, la jeune femme vit bouger des branchages et des herbes hautes, et comprit qu’ils étaient repérés. Elle laissa le jeune homme continuer un moment, puis, voyant qu’elle ne le rejoindra pas, elle invoqua son pouvoir. ~Scytha !~ Le cheval de Gedwyn hennit et s’arrêta, comme si devant lui se trouvait un obstacle infranchissable. Shiver en profita pour attraper le jeune homme avant qu’il ne se sauve une seconde fois. Avant de lui parler, elle l’entraîna dans les fourrés, lui jetant au passage un regard furieux. Les traces des chevaux n’étaient pas assez visibles sur le sol pierreux pour qu’on puisse les pister. Après de longues minutes à s’enfoncer dans la nature, la guerrière parut trouver un endroit sûr. C’était un bosquet d’arbres entouré par une rivière aux berges de gravier. Quiconque passerait ici alerterai les fugitifs. Assurée qu’on ne les gênerait pas, la jeune femme plongea ses yeux dans ceux du prince. Celui ci la regardait avec un air fier et buté.
« Ce que tu as fait était vraiment idiot. Notre voyage devait durer une semaine, et tu viens de nous rajouter trois jours à nous cacher. Trois jours ! Je ne sais pas ce que tu en penses, mais j’aime assez peu dormir par terre et manger froid. Alors maintenant, tes petites plaisanteries, c’est fini ! Tu étais peut-être le prince choyé à Arcandia, mais ici, c’est moi qui suis chargée de te protéger. J’ai l’expérience que tu n’as pas de ce genre de situations. Alors tu m’obéis ! Et si mes ordres ne te conviennent pas, on peut discuter, mais en aucun cas tu ne prends d’initiatives irresponsables ! C’est notre survie que tu joues. Crois-tu que c’est pour discuter avec toi que ces Ants nous cherchent ? Ils veulent te tuer ! Et je suis là pour te défendre. Mais je n’ai jamais aimé tuer, alors j’apprécierai vraiment beaucoup que t’abstienne d’actes inconsidérés. C’est clair ? »
Pendant qu’elle parlait, l’expression du jeune homme se transforma progressivement, pour devenir de la surprise puis de la contrition, à mesure qu’il mesurait la portée de ses actes. Il grommela : « Très clair. » Shiver laissa échapper un soupir. Elle avait craint qu’il ne se braque et qu’il refuse de l’écouter. « Bien. La nuit tombe. Restons ici, ce soir. » Sous les arbres, la luminosité baissait rapidement. Les deux jeunes gens installèrent leur paquetage. Alors que Gedwyn se préparait à faire un feu, Shiver lui fit comprendre que les soldats Ants étaient trop près. Ils se partagèrent donc la nourriture froide, et faute de lui trouver bon goût, la mangèrent rapidement. Avant qu’ils aillent se coucher, la guerrière s’assit sur une souche proche. « Il faut que nous instaurions des tours de garde. Peux tu tenir jusqu’à minuit sans t’endormir ? » Le prince la regarda, comme si elle venait de demander quelque chose d’évident. « Bien sûr que oui ! » Shiver se retint de lui dire ce qu’elle pensait de son attitude. Néanmoins, elle pinça les lèvres en entendant son ton supérieur. « Soit. Dit elle simplement. Alors réveilles moi a minuit. » Sans ajouter une parole, elle s’enroula dans sa couverture et s’endormit. Son sommeil fut agité. Dès les premières images, elle comprit que le cauchemar de son enfance était revenu.

Elle se trouvait dans une grotte. Aucune sortie n’était en vue. Face à elle, un grand dragon cuivré était endormi au milieu d’un cercle de flammes. Bien qu’elle savait ce qui allait arriver, Shiver n’avait d’autre choix que de suivre le déroulement du rêve. Elle tenta de contourner le monstre sans le réveiller, car elle avait aperçu une issue qui se trouvait juste derrière l’animal fabuleux. Alors qu’elle passait tout près de la tête du dragon, une pierre roula sous ses pieds et alla heurter doucement les naseaux du monstre. Elle s’immobilisa, glacée, alors qu’en son fort intérieur, elle se hurlait de courir et de s’échapper pendant qu’il en était encore temps. L’animal légendaire ouvrit lentement ses yeux couleur de flammes et la fixa. Soulevant son long cou, il approcha sa tête de la jeune femme. Il pouvait presque la toucher, et, la guerrière le savait, il ne tenait qu’a lui de ne pas la faire brûler vive. Shiver sentait le souffle brûlant du dragon ôter toute humidité de ses vêtements et elle pria pour qu’ils ne s’enflamment pas. « Ssssssannng… » Cela, c’était nouveau. Jamais auparavant le dragon de ses rêves n’avait prononcé une parole. Mais ce fait terrifiait encore plus la guerrière. Que voulait il dire par ‘sang’ ? Voulait il son sang ? L’animal mythique continua. « Ssssannng-Drragonnnn… »
*Sang-Dragon ? Quoi ? Que veut-il ? Je ne comprends pas… Dieux, aidez moi ! Qu’est-ce que ‘Sang-Dragon’ ? Que dois-je faire ?* Les pensées de Shiver n’avaient plus aucune cohérence, et la panique la gagnait. Le dragon se leva complètement. Il devait bien mesurer quinze mètres et peser une vingtaine de tonnes… Le haut de sa crête raclait le plafond de la grotte. Il remplissait toute la cavité, et n’avait pas encore déployé ses ailes ! De sa tête immense, il explosa la roche, se ménageant une sortie vers le ciel. Lorsqu’il s’envola, déployant ses ailes démesurées, le reste de la caverne s’effondra. Alors qu’elle se recroquevillait dans un coin, sentant sa mort arriver, Shiver sentit une main la tirer vers le haut. Un homme, vêtu d’une cape noire dont la capuche cachait le visage, l’emporta sur le dos d’un oiseau aux plumes blanches.

La jeune femme se réveilla avec une sensation de malaise. Sa couverture était étroitement enroulée autour de son corps, et elle avait chaud. Se dégageant, elle se leva silencieusement. Sur la souche, Gedwyn somnolait. Calculant à la position des étoiles l’heure qu’il était, la guerrière en déduisit qu’il allait bientôt être minuit. Elle secoua gentiment l’épaule du prince. « Allez dormir. Je prends le second tour de garde. » Le garçon se leva, encore dans un demi sommeil, et s’emmitoufla dans sa couverture. Une minute plus tard, il dormait a poings fermés. En souriant, la jeune femme se dit qu’il était bien plus facile à vivre lorsqu’il était endormi. Son sourire disparut vite. Son esprit était encore hanté par le rêve qu’elle venait d’avoir, et, pour la première fois depuis bien longtemps, elle se sentit nostalgique de son enfance. Alors qu’elle avait près de six ans, son grand père, un vieil homme émacié avec une barbe blanche très fournie, venait la consoler après le rêve, et l’aider a se rendormir. Shiver soupira, entendant encore sa grosse voix murmurer : « Shhhh, rendort toi… Il est encore trop tôt pour répondre à l’appel des ancêtres… Rendort toi, petit animal… » La jeune femme soupira une seconde fois. Elle leva la main pour chasser un moucheron qui venait trop près d’elle mais s’arrêta pour regarder plus attentivement sa main. Juste à l’endroit où l’une des pierres de son rêve l’avait touchée, elle saignait. Elle resta un moment en arrêt à réfléchir, puis remonta sa manche. Sur son poignet s’étalait la marque livide d’une main. La main de l’homme qui l’avait soulevée pour l’emporter dans les airs. Shiver secoua la tête. Jamais le rêve n’avait eu de conséquences physiques sur elle lorsqu’elle était enfant. La nuit se passa sans incidents, et l’aube arriva alors que la jeune femme n’avait pas trouvé d’explication au problème. Elle sortit de ses pensées quand la luminosité changea. Elle alla se passer de l’eau sur le visage et prépara les quelques victuailles du petit déjeuner. Puis elle alla réveiller Gedwyn. « Le petit déjeuner est prêt ! » Le jeune homme grogna un peu, se retourna, et finit par émerger. Il fit ses ablutions à la rivière pendant que Shiver fourbissait son sabre. Lorsqu’il revint, il l’examina d’un air intéressé, puis reporta son attention sur la nourriture. Il fit une grimace et se mit à manger. Il découvrit bientôt le gâteau que la jeune femme avait rajouté. « Qu’est-ce que c’est ? » La guerrière sourit. « C’est un gâteau au miel et aux graines. Ça donne de l’énergie et en plus c’est bon. Il complète l’ordinaire du soldat. Comme l’intendant s’est trompé, on en a assez pour le voyage. » Elle le regarda. Voyant qu’il hésitait encore, elle ajouta : « Vas-y, goûte, je t’assure, c’est très bon ! » le prince la regarda d’un air sceptique et croqua dans la friandise. Finalement, il sourit. « On dirait les gâteaux  que prépare la cuisinière du château ! C’est excellent ! »
Ils se remirent en route, ne montant les chevaux que lorsqu’ils étaient a découvert. A la                           mi-journée, ils sortirent des bois. Devant eux s’étalait une grande plaine vallonnée. Ils partirent au trot, mangeant en route car les Ants pouvaient surgir à n’importe quel moment. Shiver lança a Gedwyn l’un des gâteaux au miel qu’il avait découvert le matin. Il l’attrapa et le dévora. « Je n’en ai qu’un ? » la jeune femme rit. « Il faut qu’il en reste pour tout le voyage ! »
L’après midi se passa agréablement. Ils discutèrent de sujets sans importance et rirent beaucoup. Le prince semblait avoir oublié ses préjugés sur les femmes soldats. Ils eurent du mal à choisir un endroit où monter leur camp, dans cette plaine sans une cachette. Finalement, ils s’installèrent près d’un ruisseau, entre deux collines.
Comme la veille, le prince prit le premier tour de garde.

Le camp n’avait pas, comme la nuit précédente, de limites définies, et l’absence de feu empêchait le rassemblement autour d’une source de lumière ou de chaleur. Les deux voyageurs s’installèrent a flanc de colline, a proximité du ruisseau.
Gedwyn s’assit à quelque distance de Shiver, le regard pensivement plongé dans les ténèbres. Malgré cela, il sentit un frisson lui remonter la colonne vertébrale à l’idée d’être si proche de cette femme. Non pas qu’elle le révulsât, mais au contraire, elle éveillait en lui des réactions et des sentiments inconnus. Comme la nuit passée, son sommeil fut agité, et le jeune homme l’entendit bouger dans ses couvertures. Un moment, il l’entendit murmurer quelques mots, mais il ne put saisir leur signification. Le jeune homme passa plusieurs heures plongé dans ses pensées, et il ne sentit pas le sommeil avoir raison de lui. Il bascula doucement sur le coté, profondément endormi, et il ne vit pas, au loi, les colonnes de soldats Ants portant des flambeaux qui avançaient vers eux.

Shiver fut réveillée par un sixième sens acquis après de nombreuses années de contact constant avec le danger. Tous sens en alerte dès le réveil, elle aperçut très vite les premiers flambeaux qui étaient déjà à moins d’une demie lieue du camp. Elle réveilla Gedwyn en urgence, le mettant sur ses pieds presque avant qu’il ne réalise le danger. N’ayant pas de feu a éteindre, ils furent rapidement a cheval. Ils partirent au galop, sans se soucier de la discrétion car leurs poursuivants étaient trop proches d’eux. Ils prirent la direction de Scandrie en se fiant aux étoiles. Ils n’étaient que deux et ils voyageaient léger, mais les Ants étaient très disciplinés et ils avançaient très vite. La distance entre les deux groupes diminuait rapidement car les flambeaux conféraient un avantage non négligeable sur les deux fugitifs qui avançaient a l’aveuglette. La situation semblait désespérée, mais Shiver savait qu’à l’aube elle serait en mesure de semer ses poursuivants. Elle calcula l’heure aux étoiles. Il leur restait deux heures à tenir avant le lever du soleil.

Voila les amis, la suite au prochain épisode.
Si vous avez aimé, dites le moi, si vous n'avez pas aimé, dites le moi aussi. Si vous voyez des aliens appelés fautes d'orthographe, de grammaire, ou de syntaxe, n'hésitez pas, dites le moi.

Shiver et Gedwyn vont-ils échapper aux troupes Antes? Arriveront-ils sains et saufs a Scandrie? Cela, vous le saurez... Vraisemblablement en septembre ^^

Sang-Dragon #3 - Fuite

Par Miari :: 31/08/2009 à 10:20 :: Litteraturophilie
Voila... Je sais que c'est le dernier jour des vacances, mais on est quand même en août alors je suis en avance sur mes prévisions.
Vous vous souvenez bien sur que :
"ceci" apparaît quand les personnages parlent,
*ceci* quand ils pensent,
et ~ceci~ quand ils utilisent un langage étranger et/ou magique.
Amusez vous bien... Même si ma prose est malhabile.

Les deux fugitifs utilisèrent toute leur ingéniosité et les capacités de leurs chevaux pour ne pas être rattrapés. Deux heures durant, ils avaient demandé le meilleur de leurs chevaux, et s’étaient arrangés pour disparaître derrière une colline chaque fois que leurs poursuivants faisaient mine de les rejoindre. Enfin, l’aube fit pâlir l’horizon à l’est, juste au moment ou Shiver et Gedwyn atteignaient le grand marécage. La guerrière eut un sourire en voyant monter les lourdes brumes issues des eaux fangeuses et s’y engagea résolument.
« C’est de la folie d’entrer là-dedans ! Je croyais que vous deviez m’emmener à Scandrie, pas me noyer dans la vase ! » Shiver lui jeta un bref regard avant de retourner son attention vers le sol. « Je croyais que vous arriveriez à ne pas vous endormir pendant le tour de garde. » Gedwyn ouvrit la bouche pour protester, l’air outragé, mais elle ne lui en laissa pas le temps. La jeune femme reprit. « Mais ce qui est fait est fait. Je vous emmène dans le marais parce que je ne peux pas tuer tous ces gardes en étant seule. Si nous entrons ici, la plupart tourneront bride, pensant que nous y mourrons. » Le jeune homme secoua la tête. « Et ils auront raison ! Il ne faut jamais s’écarter de la grande route dans ces marais. Tous ceux qui l’ont fait ont disparu, happés par les sables mouvants. » Shiver descendit de cheval. « C’est en partie vrai. Beaucoup de ceux qui s’y sont aventurés n’en sont jamais ressortis. Mais pas tous. J’en suis la preuve vivante. » A son tour, Gedwyn démonta. Il grimaça en sentant ses bottes s’enfoncer dans l’épaisse couche de boue. « J’ai peine à croire que vous, un soldat, ayez traversé ces marécages… » Il semblait plus s’adresser a la brume qu’a la jeune femme. « Je n’ai pas toujours été soldat. » Répondit Shiver. Mais, avant que le prince ne put ajouter quelque chose, la guerrière tourna vivement la tête et lui imposa le silence d‘un brusque mouvement de la main. Toujours par signe, elle lui signifia de la suivre sans aucun bruit. Prenant son cheval par la bride, elle avança dans la boue, évitant les trous d’eau et les sables mouvants avec la science d’un guide. Un moment plus tard, elle dégaina son sabre. Gedwyn, ne sachant pas quoi faire, l’imita avec son épée. Le brouillard étendait ses tourbillons laiteux tout autour des deux fuyards, étouffant les sons. A chaque pas que les jeunes gens arrachaient à la fange, une épouvantable odeur de moisissure s’élevait du sol. Le prince se mit à penser que cet enfer blanc serait sa dernière demeure, mais il ne put aller au bout de sa pensée. Surgissant de la brume, cinq soldats se ruèrent sur les Arcandiens. Shiver prête depuis longtemps, éventra le premier et égorgea le second, avant de se retourner pour esquiver la lame d’un assaillant. Prenant appui sur un tronc d’arbre pourri, mais encore solide, elle lui lança ses pieds dans le ventre et l’acheva au sol. Regardant autour d’elle, elle chercha à voir comment se débrouillait Gedwyn, mais celui ci avait disparu.

Alors que trois des soldats se jetaient sur Shiver, le prince, face à deux agresseurs, recula, parant et esquivant tant bien que mal leurs assauts. Il finit par buter contre ce qui restait d’une branche pourri et trébucha. Étendu dans la boue, il tenta vainement de se relever mais glissa, alors que les deux Ants ricanaient. Affolé, il recula péniblement, ses mains et ses pieds dérapant sans cesse sur le sol marécageux. Il se sentait perdu, entendant faiblement les échos du combat de Shiver, a quelques mètres, et pourtant si loin. Les soldats avançaient inexorablement avec des grimaces réjouies à la pensée d’achever enfin l’héritier tant recherché du trône d’Arcandia. Gedwyn leva faiblement son épée, le bras tremblant, mais le premier des deux hommes le désarma d’un coup du plat de son épée sur le poignet du prince. « Alors, petit prince des mes deux, on est pas bien vaillant ! » la voix du soldat d’Antia résonna de façon lugubre dans l’air immobile. Sans attendre de réponse, et arborant un sourire sadique, l’homme éleva son arme, prêt à frapper. Gedwyn se prépara au choc et à la douleur, fermant les yeux pour ne pas voir la lame s’abattre sur lui. Il se protégea de ses bras, sachant pertinemment qu’ils ne lui étaient d’aucun secours. Alors qu’il attendait la mort, il entendit un cri de surprise et sentit quelques gouttes d’un liquide chaud lui tomber sur visage. Puis quelqu’un poussa un râle d’agonie, soudainement suivi d’un échange de coups, retentissant avec force, encore amplifiés par les brumes autour de lui. Ouvrant craintivement un œil, puis l’autre, il découvrit Shiver, postée entre lui et les soldats. Son bras gauche était en sang, et son premier adversaire était déjà mort. Mais sa situation était précaire. Ne pouvant pas se servir de ses deux mains, obligée de protéger Gedwyn, elle s’épuisait vite, et le soldat ennemi le savait. Il la pressait tant qu’elle ne pouvait plus que se défendre. Le prince, pour la première fois de sa vie, ressentit du respect pour une femme, cette femme qui lui avait sauvé la vie. Puisant au fond de lui un courage bien enfoui, il profita de la distraction du dernier Ant pour se relever et ramasser son épée. Sans attendre, il s’élança avec un grand cri et passa son arme à travers le corps du soldat. Celui-ci s’effondra, sans vie. Le jeune homme resta un moment sans bouger, essoufflé de sa rage, puis glissa lentement à genoux, face au cadavre de son premier mort. Shiver, oubliant la douleur de son bras, s’accroupit face au prince. Elle sourit. « Vous vous êtes bien débrouillé, prince. Surtout vers la fin. » Gedwyn leva les yeux vers elle. « Mais vous êtes blessée, à cause de moi… » La jeune femme se redressa et l’attrapant par le bras, l’aida à se relever. « Le courage ne s’apprend pas du jour au lendemain, Gedwyn. Mais vous avez franchi un cap difficile. Vous avez de quoi devenir un grand guerrier, et un roi respecté. » L’héritier Arcandien leva vers elle des yeux reconnaissants. Ils allèrent retrouver les chevaux qui étaient restés immobiles à l’endroit où ils les avaient laissés. Shiver se confectionna rapidement un bandage pour empêcher le sang de couler et la blessure de s’infecter en attendant des soins plus poussés. Ils reprirent leur marche à travers les hauts-fonds, crottés et humide, mais néanmoins pleins d’espoir. Toute la journée, ils progressèrent à travers le marécage, le plus souvent en silence. Ils furent attaqués trois ou quatre fois par des groupes allant de trois à cinq soldats. Lorsque la luminosité dans le brouillard ne fut plus assez grande pour leur permettre d’avancer, ils s’établirent sur une petite île pour se reposer. Ils savaient tous les deux qu’aucuns d’eux ne dormirait cette nuit. Ils avalèrent rapidement leur dîner, humide, comme tout ce qu’ils portaient et touchaient depuis leur entrée dans cet enfer blanc. Gedwyn passa la nuit à penser aux événements de la journée, et en particulier à ce soldat qu’il avait transpercé de son épée. Il regarda ses mains, encore horrifié de son geste. Il a avait ôté la vie d’un homme ! Il avait commis un crime en exécutant ce que seuls les Dieux avaient le pouvoir de faire. Il se souvint de la sensation molle de sa lame tranchant les organes vitaux comme elle eut coupé du beurre, le cri de souffrance du soldat avant qu’il ne s’effondre, et le bruit du corps qui chutait dans la boue… Ces images revenaient sans cesse dans son esprit, et il ne pouvait s’empêcher de repenser encore et encore à tous les détails de la scène… La main de Shiver sur son épaule le sortit de ses rêveries. « Vous n’aviez pas le choix. C’était lui ou moi, et, franchement, je me réjouis que ce soit lui. Ne pensez pas que vous avez tué un homme, mais plutôt que vous m’avez sauvé la vie. La fin justifie les moyens. Ce n’est pas tout le temps vrai, mais dans le cas présent, cela s’applique très bien. »
Ils restèrent aux aguets, dormant très peu et a tour de rôle. Chaque bruissement d’herbe, chaque clapotis de l’eau les faisait sursauter. Ils se levaient soudainement, l’épée au clair, parce qu’ils avaient cru voir dans les volutes de brume une silhouette menaçante. Ce furent toutes de fausses alertes et l’aube arriva sans que les deux fugitifs n’aient à combattre. Un peu embrumés à cause de leur nuit presque blanche, ils petit-déjeunèrent rapidement, ne souhaitant pas rester sur place plus longtemps. Le gâteau au miel leur redonna un peu de vigueur et ils reprirent leur chemin dans la vase. La fatigue aidant, ils se mirent à voir des formes fantasmagoriques plus effrayantes les unes que les autres au point que Shiver se mit à rire quand Gedwyn lui affirma avoir vu un énorme reptile, en chair et en os, pas dans le brouillard, qui passait près d’eux. Devant l’insouciance de son guide, le prince haussa les épaules, mais il regarda quand même autour de lui en resserrant sa prise sur la poignée de son épée. Cependant rien ne se passa et il finit par se détendre.
Après près de trois heures de marche, Shiver se retourna vers Gedwyn, un large sourire aux lèvres. « Ca y est, nous allons bientôt sortir du marécage ! » Le prince la regarda un moment, sans percuter, puis sourit à son tour.  « Excellent ! » Il regarda autour de lui. Apparemment, rien n’avait changé. « Comment le savez-vous ? » demanda-t-il a la jeune femme.
Elle ne répondit pas tout de suite, cherchant un exemple. « Là, dit-elle, vous voyez cette motte de terre ? » le jeune homme se pencha. « Oui » fit-il, perplexe. La jeune femme continua ses explications. « Eh bien, elle est sèche. La boue commence à sécher, et le marais perd du terrain face aux terres cultivables. Nous nous éloignons du fleuve. Dans quelques heures, nous seront sur la terre ferme. »
Ils reprirent leur route avec un entrain renouvelé. Progressivement, presque sans qu’ils ne s’en aperçoivent, la brume devint moins épaisse, et sous leurs pas la boue durcit. Finalement, après deux heures de voyage, le soleil perça le brouillard. « Enfin ! » souffla Gedwyn, qui n’en pouvait plus de l’humidité du marais. Il frappa le sol du talon. « Le sol est complètement sec, à présent. » Shiver s’étira au soleil. « Il ne nous reste plus qu’a trouver un point d’eau pour nous laver. » Elle vérifia leur cap à la position du soleil. « Il y a un étang pas loin d’ici, nous y ferons une pause. » Pour aller plus vite, les deux voyageurs remontèrent sur leurs chevaux. Après deux jours passés dans la boue, ceux-ci étaient contents de retrouver de l’herbe, et ils renaclèrent un peu à repartir. Gedwyn redécouvrait les couleurs du paysage avec délectation. Les nuances infinies de vert et de bleu tranchaient avec les gris et les bruns du marais. Les senteurs des plantes dissipèrent les odeurs nauséabondes du marécage et le vent chassa les dernières volutes de brume. Avançant rapidement, poussés par l’envie de se débarrasser de toute la boue à l’odeur fétide, les deux jeunes gens atteignirent le lac près d’une heure après leur départ du marais. Ils s’installèrent sur les berges. En premier lieu, ils donnèrent a boire et a manger a leurs montures et les lavèrent. Une fois propres et dessellés, les chevaux se mirent en quête d’herbe fraiche, sans s’éloigner du lac. Shiver et Gedwyn se concertèrent. Ils convinrent de se laver l’un après l’autre, pour que leurs affaires et les chevaux soient toujours surveillés. Jouant aux dés le premier tour de garde, il fut décidé que le prince restait au bord de l’eau en compagnie des bêtes, pendant que la guerrière se débarrasserait de la crasse. Shiver ôta sa cuirasse et poussa un soupir de soulagement. Elle posa aussi ses armes, ses bottes et sa besace. Puis elle entra dans l’eau, des habits de rechange à la main et chercha un endroit à l’abri des regards pour se laver. Protégée des indiscrets pas un bosquet d’arbres aquatiques, elle put s’abandonner à son bain en toute quiétude, savourant la sensation de la boue qui se détache de la peau. Puis, propre elle-même, elle se mit en devoir de laver ses vêtements. Sa toilette avait duré à peine une demi-heure, mais elle en ressortit reposée comme par une longue nuit. Alors que Gedwyn allait se laver à son tour, la jeune femme nettoya sa cuirasse, mit à sécher ses vêtements mouillés et vérifia que le contenu de sa besace n’avait pas moisi. La nourriture avait bien supporté l’humidité, mais la carte se désagrégea dans les mains de Shiver dès qu’elle la prit.
Quelques minutes plus tard, le vent fraichit. Alors que Gedwyn sortait tout juste de l’eau, un énorme nuage noir occulta le soleil. « Il ne manquait plus que ça, grommela le prince en montant à cheval. On vient à peine de retrouver le soleil et voila qu’il se cache ! » Une grande bourrasque coucha l’herbe sous les sabots des chevaux. « Courage, lui lança la guerrière avec un sourire. Je connais un endroit à quelques lieues où on pourra manger chaud et dormir au sec ! » Bien reposés, les chevaux partirent au galop sous un ciel de plus en plus sombre, courant une course contre le temps. Le nuage les suivait de près et la pluie menaçait. Bientôt, ils aperçurent une grande falaise à l’horizon, dont le sommet était couronné de bois. Les premières gouttes martelaient leurs épaules quand Shiver dirigea sa monture vers une caverne proche. Alors que les deux voyageurs entraient, l’orage se déchaîna. A l’abri, ils purent contempler la colère des cieux. Le grondement du tonnerre ébranlait la roche et chaque impact d’éclairs faisait trembler le sol. La tempête dura jusqu’au lendemain matin. Secs, repus, et assez reposés, ils repartirent. Régénérées par la pluie, la terre semblait plus noire, l’herbe plus verte, et les odeurs de la nature montaient dans l’air. « Nous arriverons normalement dans trois jours. » indiqua Shiver lorsqu’ils se remirent en route. Gedwyn se mit à penser qu’il ne voulait pas que leur complicité nouvellement acquise se brise. Il savait qu’en arrivant à Scandrie, la guerrière reprendrait ses occupations de soldat, pendant qu’il attendrait des nouvelles de son père, à l’abri dans la cité. Il était à l’aise en voyage, et il savait avoir muri pendant ce voyage avec la jeune femme. Les épreuves qu’ils avaient endurées l’avaient fait grandir. Il résolut de profiter au maximum des trois jours qui lui restaient pour apprendre à mieux connaître Shiver.


La suite dans une ou deux semaines.
Commentez (ou pas) si vous avez aimé, si vous n'avez pas aimé, si vous êtes indifférents... (mais pourquoi vous êtes sur ce blog alors?) Et surtout, si vous trouvez des fautes (d'orthographe, de syntaxe, d'accords) ou tout simplement des coquilles.

Dans le prochain numéro, un aperçu de la vie de Shiver, celle de Gedwyn, et la fin du voyage!

Sang-Dragon #4 - Souvenirs - Partie 1

Par Miari :: 16/09/2009 à 19:38 :: Litteraturophilie

Yo les gens! Bon, j'avoue je suis en retard. Mais c'est parce que j'ai repris les cours alors forcément j'ai du taff... (Qui s'est mis a rire? Toi là, au fond, viens là que je te tabasse!) Oui, bon, je glande rien. M'enfin n'empêche.

Vous vous souvenez que "blabla" c'est ça, *blabla* ceci et ~blabla~ cela.

Allez go.


Gedwyn mit presque une demi-journée à trouver le courage pour parler à Shiver. Enfin, un peu avant l’heure du déjeuner, il fit avancer sa monture à la hauteur de la guerrière. « Comment êtes vous devenue soldat ? » demanda-t-il un peu gêné. La jeune femme le regarda et sourit. « Vous voulez connaitre ma vie ? Elle est plutôt banale. » Le prince rougit de la facilité avec laquelle elle avait percé sa ruse. « Je voudrais quand même savoir. Je ne connais pas dans quelles conditions vivent les gens du peuple. » Shiver braqua son regard sur l’horizon. « Je ne vais peut-être pas vous aider, parce que j’ai vécu, au moins au début, assez à l’écart des villes. Mais puisque vous me le demandez, je vais vous raconter. »

 

« Dans mon enfance, j’ai vécu chez mon grand père. Je n’ai jamais connu mes parents, et il ne m’en parlait jamais. Il me racontait souvent que j’étais une nuit arrivée sur le dos d’un grand oiseau blanc. Une femme encapuchonnée lui avait dit que j’étais sa petite fille et qu’il devait m’élever. C’était un vieillard taciturne et soupe au lait. Il avait les mêmes yeux que moi, et je soupçonne qu’il s’était installé loin de tout pour ne pas subir les remarques des gens. Nous vivions dans une maison solide, faite en pierre. Il me racontait que c’était une ancienne ferme qu’il avait restaurée, pierre par pierre, avant que je n’arrive de nulle part pour trouble sa tranquillité. Cependant, s’il était sévère et qu’il considérait le bruit comme un péché capital, il n’a jamais été méchant avec moi. Il m’a appris à survivre dans la nature et m’emmenait souvent faire de longues randonnées dans les montagnes. Nous possédions deux chèvres qui nous fournissaient du lait, et nous allions à la chasse. Le potager nous permettait d’avoir de légumes l’été, et nous faisions des conserves pour l’hiver. Il m’a appris à me battre, parce qu’il disait que tout le monde devait pouvoir se défendre. C’était un formidable professeur, sévère et exigeant, mais toujours juste et il ne perdait pas le sens de l’humour. De temps en temps, les habitants d’un village à quelques lieues venaient nous rendre visite, car mon grand père était aussi un guérisseur. Ou plutôt, il connaissait les plantes qui soignent et qui tuent. C’étaient les seules fois où il m’emmenait au village. Je me souviens parfaitement de la première fois. Jamais je n’avais vu tant de gens rassemblés en un même endroit. Je devais avoir dans les six ans. J’ai tout de suite remarqué qu’ils n’avaient pas les mêmes yeux que moi, et j’avais peur d’eux à cause de cela. Et puis mon grand père est entré dans une maison, sans me permettre d’entrer. Je suis restée assise à coté de la porte pendant longtemps, avant que les autres enfants ne viennent me voir. Ils sont restés debout devant moi, sans prononcer une parole. Et puis l’un d’eux leur m’a fait signe de les suivre et ils sont partis en courant. Je ne savais pas quoi faire alors je les ai suivis. Je ne savais pas alors que dans le village, on disait d’étranges choses à propos de moi et de mon grand-père. Celui-ci était utile quand il y avait un blessé au village, et il rendait toujours service, même en bougonnant, mais les gens avaient peur de lui, de nos yeux et de son passé obscur. On disait qu’il avait beaucoup voyagé, que c’était un assassin en fuite ou un maitre d’arme renvoyé, que j’étais apparue lors qu’un orage, peut-être née d’un éclair, bref, beaucoup de fantaisie, et peu de certitudes. Je n’ai d’ailleurs jamais su moi-même ce qu’il était avant d’accepter de s’occuper de moi. Il est mort alors que j’avais douze ans. Il avait été terrassé par une maladie fulgurante. Je l’ai enterré à coté de la maison, et puis j’ai pris nos provisions, tout ce qui pouvait me servir dans la maison et je suis partie. J’ai d’abord été au village, pour vendre ce que j’avais en trop et une partie de mes provisions, plus quelques outils qui ne me servaient pas. Je n’ai pas reçu beaucoup d’argent en échange, mais cela a suffit pour que je me rende dans la grande ville la plus proche. J’ai été très vite déboussolée par le monde, le bruit, les odeurs, mais il a fallu que je me débrouille pour survivre. Comme je savais me battre, j’ai demandé à devenir soldat, mais les gardes m’ont ri au nez. Une fillette de douze ans ne devient pas soldat. J’ai fait de mon mieux pour survire, et j’ai réussi grâce aux enseignements de mon grand père. Une fillette est une cible facile pour les voleurs et les brigands de toute sorte qui sévissent dans les villes. Mais j’ai pu me défendre. Lorsque je n’ai plus eu d’argent, j’ai commencé à voler de la nourriture sur les marchés. Je n’en suis pas fière, mais je n’ai pas honte non plus, parce que la nécessité me dictait ma conduite. Les gardes me connaissaient bien et j’avais souvent fait des séjours en prison pour vol, mais les soldats étaient issus des basses classes, ils connaissaient cette situation de misère où la seule façon de survivre est de voler, et ils n’étaient jamais très sévères avec moi. Un jour, alors que j’avais quatorze ans, j’ai été prise en flagrant délit par un officier qui n’avait jamais fait l’expérience de la pauvreté. Ce n’est pas de quelques jours en prison qu’il m’a menacé, mais de me couper la main, le châtiment réservé aux voleurs. Je me suis échappée en le ridiculisant, et il a continué à me rechercher. C’était à l’époque où la guerre avec Antia débutait. Beaucoup de gens tenaient votre père responsable des massacres perpétrés par les troupes Antes. Une fois, a l’occasion d’une fête, il avait organisé un grand spectacle suivit d’un banquet. Seulement il fallait recevoir une invitation pour cela. Toutes les petites gens de la ville étaient là, même les plus pauvres, mais les mendiants et les vagabonds avaient été oubliés. Pendant les jours qui précédèrent la fête, il y eut beaucoup de vols, et moi aussi, j’ai volé l’invitation d’un noble pour pouvoir, pour une fois, manger à ma faim. Ce que je ne savais pas, c’est que le noble en question était votre oncle, le frère du roi. Il est donc allé se plaindre à votre père qui, sans s’émouvoir, lui a donné une autre invitation. Mais ce qui avait blessé votre oncle, plus que le vol, c’était l’humiliation. Il rencontra le sergent que j’avais aussi humilié et à eux deux, ils fomentèrent une vengeance pour restaurer leur honneur souillé. Le jour dit, je me suis présentée au banquet avec mon invitation falsifiée et je me suis goinfrée le plus possible, histoire de tenir après deux jours sans manger. Il se trouve que pendant le spectacle, la personne qui était assise à coté de moi essaya d’attenter à la vie du roi, votre père. Moi, sans réfléchir, j’ai plongé sur lui et lui ai arraché l’arbalète, le faisant manquer son tir. Il m’a maudit, mais pas longtemps. Parce que c’est moi qu’on a arrêté à sa place. J’ai donc été condamnée, pour avoir porté atteinte à la vie du roi, à être décapitée. Je ne pouvais pas me défendre, j’avais entre les mains l’arbalète qui avait servi à menacer le roi. Mon voisin m’a copieusement accusée, bien sur, et les gens qui étaient autour n’osaient pas témoigner en ma faveur, parce que le seul qui avait osé, qui était assis de l’autre coté du terroriste et qui avait tout vu, s’était fait arrêter pour témoignage mensonger. Je passais donc plusieurs semaines en prison, en compagnie de l’infortuné témoin. Il aurait du être relâché plus tôt, mais on avait découvert qu’il était espion à la solde de la cité ennemie. Les gardes en ont donc déduis que j’étais moi aussi traître à la cité. Un jour, alors que la date de mon exécution approchait à grand pas, je profitais d’un moment d’inattention du garde pour l’assommer et me libérer. Mon compagnon de cellule m’implora de le libérer aussi, et je finis par le faire, malgré le peu de sympathie que j’avais a son égard depuis que je savais pour qui il travaillait. Nous convînmes d’un plan. Il enfila l’uniforme du garde et ses armes, et me fit passer pour sa prisonnière. C’est ainsi que nous sommes sortis de prison. Lorsque nous sommes arrivés hors de la ville, nous nous sommes débarrassés de l’uniforme. Pour ma part, j’avais gardé l’épée du garde, bien qu’elle fût un peu lourde. Après cet incident, j’ai beaucoup voyagé, allant partout où il était possible d’aller, et même parfois là où c’était impossible. Je ne pourrais pas vous raconter tous mes voyages, les îles du sud, le grand désert blanc, les montagnes nordiques… j’étais le plus souvent seule, parce que nous avions fait escale à Antia, où j’avais passé un an et demi, et j’y avais laissé mon compagnon. Longtemps j’ai profité de cette liberté, jusqu’au jour où, m’étant fait attaquer par un groupe de bandits, j’avais été retrouvée blessée dans un village proche d’Arcandia. Les villageois m’avaient donc transportée à la ville pour m’y soigner. La ville n’avait pas beaucoup changé, depuis huit ans que j’étais partie, mais cette fois-ci, j’ai réussi à me faire engager dans la garde. »

 

« Que sont devenus le sergent et mon oncle ? » demanda Gedwyn. « Le sergent est resté en poste, mais pendant l’une des batailles contre Antia, il a été tué. Votre oncle est encore en vie et il m’a surement oubliée, depuis le temps ! L’affaire avait eu un certain retentissement dans la ville, mais c’est maintenant de l’histoire ancienne. Nul ne se souvient des deux espions qui avaient failli tuer le roi. » Le prince réfléchit un instant. « Et le terroriste, le vrai, où est-il ? » Shiver haussa légèrement les épaules. « J’avoue que je n’en sais rien. Loin d‘ici, j’espère, ou dans sa tombe. Qui sait ? Je le rencontrerai peut-être un jour. Peut-être l’ai-je déjà croisé, sans le savoir. »

Les deux voyageurs chevauchèrent en silence pendant quelques instants. Ils s’arrêtèrent quelques minutes pour laisser les chevaux se reposer, en profitant de ce répit pour déjeuner. Tous deux méditaient les révélations de la matinée. Shiver n’avait pas tout dit, loin de là, mais elle se demandait encore si elle n’avait pas fait une erreur. La dernière personne a laquelle elle avait raconté tant de choses de sa vie avait tenté de la tuer juste après. Gedwyn se doutait bien sue Shiver n’avait pas tout raconté de sa vie. Certains points devaient rester dans l’ombre, par honte ou par sécurité. Mais lui aussi se demandait s’il avait eu raison de demander à la guerrière de lui raconter sa vie. Certaines personnes tueraient pour éviter que des révélations comme celles-ci ne s’ébruitent. Le prince secoua la tête. Il voulait absolument faire confiance à la jeune femme. Celle-ci soupira. Gedwyn ne la tuerait pas, parce qu’elle l’avait aidé à fuir les soldats ennemis. Ils se remirent en selle. Apres une lieue de voyage silencieux, ce fut au tour de Shiver d’interroger Gedwyn. « Et vous, comment a été votre vie ? » le jeune homme contempla le sol, un peu empourpré. « J’ai grandi au palais, et rien de spécial ne m’est arrivé. » la guerrière aux yeux d’or insista. « Je voudrais comprendre comment vivent les grands de ce monde » fit-elle avec un léger sourire. Cette fois, le prince releva la tête, un franc sourire sur les lèvres. « Je ne vais peut-être pas vous aider, parce que j’ai vécu cloitré. Mais puisque vous insistez, je vais vous raconter. »


Oui, je sais, c'est pas la fin de la partie. Oui, je sais, c'est de l'arnaque. Mais j'ai moins de temps pour écrire quand je passe 10h par jour au lycée alors bon. Allez, un peu de courage, vous pourrez lire la superbe et palpitante vie de Gedwyn dans une semaine (normalement) voir deux.

N'oubliez pas, vous commentez pour me donner vos impressions (bonnes/mauvaises/neutres (rayer la mention inutile)) et pour me dire que j'écris tellement mal que ya des fautes d'orthographe et de syntaxe partout. D'accords aussi. Et des coquilles parce que mon clavier ne m'aime pas.

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